Écrit par :
le : 22 jan 2015
Dans :

La face cachée de l’univers lisse et doré de la mode

sweat-shop-1

Lorsque trois blogueurs mode norvégiens se retrouvent confrontés aux conditions de vie inhumaines de travailleurs sous-payés en Asie pour le compte du géant suédois H&M, c’est leur conception de la vie qui se retrouve ébranlée.

sweat-shop

Habitués du shopping et toujours à la pointe de la mode, Anniken, Frida et Ludvig sont des blogueurs relativement influents dans leur pays. Ils ont alors été choisis pour effectuer un voyage initiatique unique en son genre, loin des paillettes des grandes enseignes de prêt-à-porter et de la mode. De ce voyage est né le reportage Sweatshop – Deadly Fashion disponible en intégralité sur le quotidien en ligne norvégien aptv.no et sous-titré en anglais. A l’instar de nombreuses campagnes publicitaires telles que Play Like a Girl (pour défendre les droits de la femme), ce reportage vise à nous sensibiliser un maximum aux abus de notre société de consommation et du monde. Au fil du reportage, la condescendance et l’arrogance de départ laissent place à l’indignation et à la colère ainsi qu’à une véritable prise de conscience.

Du blogueur mode au travailleur cambodgien

Le blog mode est devenu, en Europe, de plus en plus apprécié par les jeunes filles en recherche d’inspiration pour leur prochain look. Il est également très simple d’en créer un professionnel, à son image, grâce à la démocratisation des CMS (tel que WordPress) ou les différentes solutions de blogging clé en main (tel que 1&1) ou les plateformes de blogging.
Créer un blog mode est donc à la portée de tous, seulement qu’en-est-il de ceux qui fabriquent les vêtements qui sont exhibés fièrement sur la toile ?

sweat-shop-2

Le reportage confronte ces deux mondes aux antipodes l’un de l’autre et pourtant étroitement liés. Afin d’entrechoquer les cultures, les trois blogueurs mode, Anniken, Frida et Ludvig se rendent alors au Cambodge : ils assistent impuissants aux manifestations des travailleurs sous-payés qui meurent de faim et en interviewent certains, les larmes aux yeux. Ils se mettent également dans la peau d’un employé lambda et tentent de survivre aux journées de travail harassantes dans une fabrique de vêtements aux conditions de vie inhumaines.
Ce documentaire, qui sert donc à dénoncer les mauvaises conditions de travail des oubliés du textile, utilise une façon de sensibiliser en culpabilisant, certes, mais en mettant au cœur du problème des consommateurs influents.

Après ce reportage tourné en 2014, ces blogueurs ont eu une prise de conscience et se sont retirés de la blogosphère et des médias sociaux. Ils ont fait pression auprès de H&M pour obtenir de meilleures conditions de travail pour les ouvriers des usines cambodgiennes et soutiennent désormais le projet « Framtiden » (des salaires justes pour les travailleurs dans le textile).
Ce documentaire n’est pas sans rappeler le scandale de Primark en Angleterre, où les vêtements contenaient des messages de détresse dissimulés. Ces faits bien réels nous font également prendre conscience, à nous lecteurs et consommateurs de masse qui entretenons le système, que nous pouvons également peu à peu changer nos habitudes et qu’il n’est pas nécessaire d’acheter des produits provenant de la grande distribution pour convenir à nos besoins.

La « culpabilisation » est l’un des premiers moyens utilisé pour sensibiliser les foules à une cause. Notamment utilisé par les ONG. Nous, consommateurs, serions donc coupables de presque tout, dans le cas présent, c’est de notre faute si des travailleurs sont maltraités car nous achetons des habits pas chers. Et, où est la par de responsabilité des sociétés qui emploient ces gens, et les payent si peu pour augmenter leur profit ? Sommes nous réellement coupables, ou nous aussi, victime ? Le consommateur devra-t-il toujours se battre pour consommer « responsable »…




    • Soyez le premier à réagir !

    Laisser un commentaire